Permettez-moi de
saluer plus
spécialement quelques uns d’entre vous,
parce que plus
anciens,
ou d’une notoriété particulière et qui
rejaillit sur nous tous,
ou tout
simplement parce que plus
proches au
quotidien de la
Cité. En
les citant individuellement,
ce sera
une occasion
d’illustrer la
diversité des parcours des anciens résidents.
Merci
donc tout
spécialement déjà à Juan
Somavia, de
nationalité Chilienne,
résident au milieu
des années 60
à la
Maison internationale,
à la
tête d’une des plus
importantes institutions
internationales,
l’OIT,
dont il a rappelé
ce matin qu’elle
est née en même temps
que la
Cité dans l’esprit de paix porté par
les Wilson, Briand, Honnorat
ou Albert Thomas ; il en
est l’inamovible directeur général, élu par
le conseil d’administration de
l’OIT en 1998, réélu en 2003, puis en 2008, après
une carrière
internationale d’une extrême richesse qui l’ a mis au cœur de
tous les combats pour
le développement, pour
les droits et libertés
des travailleurs
ou encore pour la prise en compte de la dimension sociale de la mondialisation,
à l’ONU,
à l’OIT, au Gatt,
à l’Association latino-américaine de libre échange ; merci M.
Somavia d’être venu passer la journée avec
nous et merci
à votre épouse de
vous avoir accompagné. Si
vous ne
le connaissez pas,
vous ne pouvez
le rater :
c’est un colosse au collier de barbe
des prophètes bibliques et au regard
à la André Honnorat, empreint d’attention et de compréhension. En même temps
que M.
Somavia, j’avais prévu de remercier un de ses condisciples
à la
Maison internationale, Jacques Barrot, ancien ministre, ancien vice-président de la commission européenne, membre du Conseil constitutionnel qui m’avait assuré de sa
présence, mais retenu
à la dernière minute en Haute-Loire par
le festival de la Chaise Dieu qu’il préside.
Merci
à Nedim Gürsel, ancien du collège franco britannique, qui illustre de façon
si rayonnante sa langue natale la langue turque, (il
est l’auteur
d’une vingtaine de romans, nouvelles et essais, d’audience mondiale), tout en possédant
une langue française exemplaire pratiquée au lycée français de Galatasaray ; merci
à vous M. Gürsel qui
nous permettez de compter parmi
nous un
des plus grands écrivains de notre temps et un ami fidèle..
Merci
à Michael Edwards, ancien du collège franco britannique, professeur au collège de France et premier étranger
à se
voir offrir
une chaire permanente dans
cette prestigieuse institution.
Merci
à Toshio Ashiba, de
nationalité japonaise, magnifique artiste aux multiples talents, peintre, sculpteur, et poète, qui a apporté un soutien inconditionnel et enthousiaste
à ces Riac, au point d’offrir quatre lithographies pour
le prix organisé
à l’occasion de
ces journées et d’avoir organisé
une exposition de ses œuvres
à la
Maison du Japon,
dont le vernissage aura lieu demain.
Merci
à Franck Louvrier, non présent
que je cite néanmoins en raison de son appui direct pour la réussite de
ces journées ; M. Louvrier
est un ancien de la
Maison de l’Asie du Sud Est, influent conseiller pour la communication du Président de la République au secrétariat général de l’Elysée, toujours disponible pour la
Cité ;
c’est par lui et par un autre ancien de la
Cité aux fonctions prestigieuses
à l’Elysée, Claude Guéant,
que nous avons pu obtenir la visite de l’Elysée pour
une cinquantaine
d’entre nous.
Merci
à Alberto Toscano, ancien de la
Maison H. Heine, diplômé de l’Université de Milan, homme de communication s’il en
est, , homme de presse écrite, mais aussi de la radio et de la télévision; grand connaisseur de notre pays ; il a consacré sa thèse
à une de
ces guerres qui ne se gagnent pas, la guerre française en Indochine ; et il a bien
voulu animer
ce matin, et avec quelle maestria,
les tables rondes.
Merci aux autres
anciens résidents ayant participé aux ateliers du matin, Miléna Donato, également de
nationalité italienne et de la
Maison Heinrich Heine, productrice, qui a réalisé un magnifique document d’interviews
des anciens de la
Maison H. Heine
à l’occasion du cinquantième anniversaire
cette maison, mais aussi
le préfet Philippe Massoni, ancien de la MPF, grande figure de la haute administration et du corps préfectoral français, ainsi qu’un de nos plus ancien
résidents présents, Pierre Casta, et deux
des plus jeunes, Chloé et Idriss, aux témoignages
si convaincants.
Merci encore
à Miguel Angel Estrella, immense artiste rayonnant, de renommée mondiale, ambassadeur de l’Argentine
à l’Unesco, militant
des causes de l’homme et par dessus tout homme de cœur. Je crois
que l’on pourrait dire de lui
ce que l’on a dit d’Alexandre Dumas,
dont on a qualifié
le cœur de « bureau de bienfaisance ouvert
à deux battants ». Son attachement
à la cité
est indéfectible ; il a immédiatement répondu présent pour
cette soirée. Je l’en remercie vivement avec
une pensée pour un autre ancien grand
résident de de la
Maison de l’Argentine,
dont je sais qu’il était un grand ami, trop tôt disparu,
le si riche et délicat écrivain argentin, Julio Cortazar. Je voudrais
vous signaler, cher Miguel Estrella, qu’il y a dans l’assistance, parmi d’autres fans,
une pianiste qui
vous voue
une admiration
particulière, Marie Chantal Vier, qui a travaillé
le piano en écoutant deux de vos enregistrements antérieurs
à votre détention, la sonate n°7 de Beethoven et la partita n°2 de Bach ; c’était aussi pour elle et ses condisciples du conservatoire un moyen de
vous soutenir dans l’épreuve. La cité
est heureuse de compter avec
vous un ancien aussi attachant.
Et pour terminer
ces remerciements, je voudrais me tourner vers notre plus ancienne résidente inscrite
à ces rencontres, Madame Yvonne Duhamel. Elle ne m’en voudra pas de mentionner son âge, qui ne fait
que renforcer
le prix de sa
présence, 94 ans ; elle a séjourné
à la
Cité,
à la Fondation
des Etats-Unis, de 1934
à 1938. Elle incarnait
à merveille
les nouvelles générations de femme, aussi soucieuses de leur formation
que de plaire ; jugez-en par ses références, licence en droit, licence d’anglais, HEC JF,
une des plus jeunes avocates inscrites au barreau. C’est
à la
Cité qu’elle a rencontré son mari, Michel Duhamel, lui-même
résident de la Fondation Biermans Lapôtre. Leur rencontre
nous voudra
cette exceptionnelle génération de Duhamel : Alain, présent dans
tous les médias, Jean-François,
à l’amitié duquel
nous devons sa
présence, éminent professeur de médecine, chef de service de pédiatrie au CHU de Caen, , Martine, qui dirige son propre cabinet conseil, Patrice, autre pilier de la télévision, et Dominique, DRH chez Safran. Merci, chère Madame Duhamel, pour votre
présence qui
nous ravit
tous.
Je voudrais maintenant insister
sur ce qui fait tout
le sens de
ce rassemblement pour
nous ;
si nous sommes
si heureux qu’il se tienne,
c’est qu’il témoigne de la vitalité de l’œuvre de la
Cité et de l’attachement profond
que la longue lignée de
résidents (qui dépasse probablement
les 150 000) lui porte ;
nous voyons là un levier essentiel pour mieux atteindre nos deux grands objectifs
les plus pressants:
premièrement réussir la nouvelle étape de l’extension de la Cité. Il n’a pas été construit su notre site depuis 1969 et la réalisation de la Maison de l’Iran, devenue la Maison Avicenne, due à l’initiative de sa Majesté l’Impératrice Farah Diba, elle-même ancienne du collège néerlandais, et toujours amie active de la Cité, financée sur la cassette personnelle du Shah, malheureusement fermée pour cause d’insalubrité.
La modification du plan d’urbanisme de Paris
nous permet la construction d’environ 1200 chambres, soit cinq
à six résidences nouvelles ;
les terrains sont disponibles, et
le ministère de l’enseignement supérieur s’est heureusement engagé, dans
le récent contrat quadriennal
que nous venons de signer avec la ministre, Valérie Pécresse,
à apporter
les quelques 30 millions d’euros nécessaires
à leur viabilisation.
Une
Maison sera construite par la Région Ile de France, qui veut son pavillon ;
le concours d’architecture a été lancé ; la
Maison devrait ouvrir en 2014 ;
ce sera
donc la quarante et unième
Maison ;
nous l’attendons avec impatience. Autre projet
déjà engagé, l’extension de la
Maison de l’Inde ; M. L’Ambassadeur de l’Inde
nous a confirmé lors du dernier conseil d’administration de la
Maison, l’heureuse nouvelle
que le gouvernement de l’Inde avait décidé de financer intégralement
cette extension et dégagé la somme considérable de 6,8 millions d’euros, signe de l’attachement de
ce grand pays
à la
Cité.
Hors
ces deux opérations engagées,
nous avons des contacts
très avancés avec plusieurs pays pour
des constructions nouvelles selon
le schéma qui a toujours prévalu
à la
Cité : la
Cité met gratuitement
le terrain viabilisé
à disposition du pays et celui-ci, par mécénat public et privé, réalise la construction.
Les trois dossiers
les plus engagés sont ceux de la Russie, pour laquelle un terrain
est déjà réservé et
une large partie de l’enveloppe nécessaire réunie, de la Colombie,
dont le projet
est soutenu avec
une vigueur exceptionnelle par
les deux ambassadeurs bilatéraux et par
les plus hautes autorités de l’Etat colombien ; il a reçu au cours de l’été
une accélération
particulière et
le montage financier plus qu’esquissé ; M. l’Ambassadeur de Colombie
à Paris
est présent
ce soir ; je lui exprime, je
vous exprime, cher Fernando Cepeda,
toute ma reconnaissance ; et
le troisième dossier
est celui de la Chine,
nationalité la plus représentée parmi
les résidents (306
résidents), et
dont l’ambassadeur a immédiatement manifesté son appui ; Jean Pierre Raffarin a de son côté accepté d’être
le porte parole du projet auprès
des autorités chinoises. Vous avez peut-être aperçu
les maquettes
des projets d’étudiants en architecture exposées
à l’entrée de
ce salon,
dont deux sont consacrées
à la
Maison de la Chine.
D’autres jalons ont été posés en direction d’autres grands absents, comme l’Egypte,
dont l’ambassadeur
est un ancien
résident, la Corée du Sud,
les pays du Golfe, sans parler de l’Algérie
dont le dossier
est ouvert depuis 70 ans. Probablement serons
nous amenés aussi
à envisager
des constructions selon d’autres modèles, par delà
les nations, en particulier
une Maison pour professeurs invités …
Ce
que je puis
vous dire de
ces projets,
c’est que le temps n’est plus
celui où
le coup de cœur d’un mécène
ou d’une impératrice suffit
à faire jaillir
une résidence ; il faut la mobilisation de multiples soutiens. S’il
est dès lors
une première chose attendue de
vous ce soir,
c’est que vous vous sentiez porteurs de
ces projets,
que vous en parliez utilement et
que vous nous indiquiez toutes
les pistes auxquelles
vous pouvez songer de votre côté pour faciliter la concrétisation de
ces projets.
J’ajouterai, s’agissant du volet hébergement de la mission de la
Cité que nous poursuivons
le programme de réhabilitation lancée il y a dix ans par la précédente équipe de la cité de Michel gentot et de Alain Ronceray, réalisé
à 75% ;
les prochaines étapes sont la réhabilitation du collège néerlandais, de William Dudok, joyau architectural de la
Cité qui a lui seul nécessite 18 millions d’euros (
les travaux commenceront en septembre 2011), et celle du pavillon Pasteur de la Deutsch de
le Meurthe, qui
nous tient particulièrement
à cœur comme première résidence construite en 1925.
Notre deuxième objectif est d’autre nature ; il s’agit, pour reprendre une distinction chère à Péguy, à côté du temporel, de donner toute sa place au spirituel, et de mieux répondre à la mission de la Cité. Celle-ci a été conçue dans l’utopie de contribuer, par le rapprochement et la compréhension entre les jeunes élites du monde entier, à la réalisation d’un monde de paix et de solidarité ; ce matin Juan Somavia a rappelé les mots mêmes de André Honnorat, organiser « une alternative au bellicisme et à la barbarie ». La mission reste entière et nous avons à cœur de faire que la Cité d’aujourd’hui assume ses obligations, en dépit du scepticisme de bon ton qui accompagne toute idée de contribuer à un monde meilleur. La seule mobilité internationale des étudiants ne peut déboucher par un effet magique à ce résultat. Encore cette mobilité ne doit-elle pas se réduire à un simple mouvement brownien des étudiants, dont le risque existe, mais conduise véritablement à une meilleure compréhension et à une vraie solidarité, à la créations d’amitiés a-t-il été dit ce matin.
La
Cité constitue un modèle unique au monde en
ce sens : - par la multiplicité
des nationalités représentées (140), - par la politique systématique du brassage, - par la
présence en son sein, grâce aux Maisons de pays,
des grandes cultures du monde, - par
les multiples initiatives et animations conduites dans
les différentes Maisons. Votre seule
présence ce soir montre la réussite de l’ambition.
Il
nous paraît toutefois qu’il y a lieu de renforcer
cette dimension d’échanges organisés ;
nous voudrions lancer
ce que nous qualifions encore d’Académies de la
Cité;
nous concevons
ces académies comme
des occasions renouvelées de débats et de réflexions en commun
sur les grands défis de l’heure. Nous songeons
à des cycles annuels organisés en
ce sens sous l’égide d’un Maître ; Michel Camdessus
nous a suggéré par exemple un cycle de conférence
des hauts responsables
des grandes institutions
internationales qui structurent la vie
internationale ; pourquoi pas ; M.
Somavia pourra
nous dire
ce qu’il en pense Sur
ce point aussi
nous attendons vos suggestions et propositions. Je sais
que le nouveau conseil d’administration
est très attentif
à l’avancement de
ces projets.
Pour avancer dans
tous ces objectifs et disposer
des moyens financiers nécessaires,
nous avons décidé de lancer
une grande campagne de mécénat et de collecte de fonds. Nous
avons préparé
cette campagne pendant deux ans. Nous
avons pu arrêter notre programme juste avant l’été. Les documents mis au point sont
à votre disposition. Nous comptons beaucoup dans
cette campagne
sur le réseau de nos
anciens résidents. Merci
à vous de tout
ce que vous pourrez faire pour relayer notre action.
Vous
le voyez, il y a derrière
le rassemblement d’aujourd’hui beaucoup d’attente vis-à-vis de
vous tous. Ainsi en est-il de toutes
les grandes causes ; elles sont collectives.
Permettez moi enfin avant d’en terminer de remercier
les équipes de la
Cité qui se sont dévouées pour la réussite de
ces journées, y sacrifiant pour certains
une partie de leurs vacances ; je mentionnerai en particulier l’équipe de mécénat de Mathilde Leroy, déléguée générale de l’Alliance, assistée de Marion Hourdel, aidée de collègues de l’Alliance, Amélie Blanchard, et Tanguy Bertin, l’équipe colloque et congrès de Cécile Ras el Djebel et Myriam Goudy, celle de la campagne d’été (Céline Le Baudy) qui s’est occupée de l’hébergement, celle
des agents d’accueil. Chacun a pu manifester sa disponibilité et son professionnalisme ; il
est juste
ce soir d’en porter témoignage. Je
vous demande de
les applaudir.
Et
que maintenant la fête commence sous la houlette de Miguel
Estrella..Bonne soirée
à tous.